Dans l'univers foisonnant et parfois éphémère de l'indie pop des années 80, certains disques ne se contentent pas de briller : ils s'impriment dans l'âme, devenant des repères intemporels. Aujourd'hui, je suis ravi de partager avec vous l'une de ces pépites incontournables, une œuvre qui incarne l'élégance, la mélancolie et la singularité d'une époque révolue, tout en conservant une fraîcheur étonnante. Préparez-vous à plonger dans le monde envoûtant de Felt, et plus particulièrement dans la délicatesse poétique de leur septième album studio. Un disque qui, malgré sa brièveté, résonne avec une profondeur rare et mérite amplement sa place au panthéon des classiques.
Contexte et écoute
Ce n'est pas n'importe quel disque que nous avons là, mais un véritable jalon pour tout collectionneur et amateur de musique exigeant : Felt – Poem Of The River. Ce pressage original britannique de juin 1987, estampillé Creation Records (CRE LP 017) et complet avec son insert, est bien plus qu'un simple objet. C'est le septième album studio d'un groupe phare de la scène indie pop des années 1980, une formation menée par l'énigmatique et charismatique Lawrence, dont la vision artistique a façonné un son unique.
Produit par l'expérimentateur Mayo Thompson, membre influent de The Red Krayola, Poem Of The River est un chef-d'œuvre de concision. En seulement six titres et 26 minutes, Felt nous livre une œuvre qui transcende les genres, naviguant avec aisance entre le jangle pop raffiné et un folk rock contemplatif. C'est une exploration musicale à la fois intime et ambitieuse, où chaque note semble peser son poids d'émotion.
La véritable signature de cet album réside dans l'omniprésence de l'orgue Hammond de Martin Duffy. Son jeu, tantôt aérien, tantôt sombre et enveloppant, tisse une toile sonore complexe qui soutient et sublime les compositions de Lawrence. L'orgue n'est pas un simple accompagnement ; il est le cœur battant de chaque morceau, ajoutant une profondeur et une atmosphère incomparables.
L'album déploie une palette d'émotions et de textures sonores remarquables. On passe de la délicatesse mélodique et presque fragile de « Silver Plane », un bijou de pop cristalline, aux structures plus amples et narratives de « She Lives By The Castle », qui dépeint des paysages sonores épiques avec une précision d'orfèvre. Mais c'est sans doute avec le morceau-fleuve « Riding On The Equator » que Felt atteint des sommets. Près de neuf minutes d'introspection musicale, où l'orgue de Duffy prend son envol, transportant l'auditeur dans un voyage hypnotique et méditatif, un véritable manifeste de rock alternatif poétique et ombrageux.
Poem Of The River est un témoignage éclatant de la subtilité instrumentale de Felt. C'est un album pour les âmes patientes, celles qui apprécient la profondeur des arrangements et la poésie des atmosphères. Ce n'est pas un disque bruyant, mais un murmure puissant qui résonne longtemps après la dernière note. Une pièce essentielle qui, pour tout amateur éclairé, n'est pas seulement à écouter, mais à posséder, à chérir, et à redécouvrir inlassablement. Un véritable joyau de la couronne Creation Records.
Si vous ne le retrouvez pas :
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